L E S B O N B O N S d’ A M E L I E
Amélie gris-expert avait à peine six ans. Alors qu’elle m’accompagnait ce soir-là à la boulangerie, je lui refusai l’achat de bonbons. Elle tira sur ma robe et, en me regardant, me dit : « Pourquoi tu ne veux pas ? » Sans argument, je dis simplement : « pas ce soir ». « Mon frère, lui, en a eu l’autre jour …… Papa lui il veut bien…..la maman d’Amandine lui en a achetés ce matin ». Elle tenait toujours ma robe qu’elle tirait doucement, juste pour que je la regarde et que je l’écoute. « Pourquoi je ne pourrais pas avoir de bonbons ce soir ? » Ne voulant pas entrer dans une justification que je ne possédais pas …. je cédai.
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Amélie bleu-utile avait à peine six ans. Alors qu’elle m’accompagnait ce soir-là à la boulangerie, je lui refusai l’achat de bonbons. Elle me regarda droit dans les yeux et en tapant du pied, elle dit : « si, j’en veux ». « Non pas ce soir » ai-je dit. « Si, ce soir » dit-elle toujours sèchement, sans baisser les yeux. Elle lâcha la robe, s’éloigna de trois pas, croisa les bras, se statufia et répéta à peine plus fort : « Si….. j’en veux ….. ce soir ». Voulant la saisir, elle s’éloigna de quelques pas afin que je ne l’atteigne pas. Ses yeux revolvers soutenaient mon regard. Pour abréger un bras de fer que je savais pouvoir durer, je cédai.
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Amélie vert-aimable avait à peine six ans. Alors qu’elle m’accompagnait ce soir-là à la boulangerie, je lui refusai l’achat de bonbons. Elle tira gentiment sur ma robe, elle appliqua sa tête le long de ma jambe en me regardant et dit : « s’il te plaît, maman chérie » Je la regardais à peine pour ne pas avoir à revenir sur ma décision. J’essayais de me détacher d’elle. Elle me colla davantage, éleva son regard vers le mien. Je vis poindre une larme au coin de ses yeux. Les personnes autour étaient pleines de compassion. Amélie me fit un baiser sur la main et dit : « s’il te plaît, maman chérie, je serai gentille » Pour ne pas passer pour une sans-cœur, je cédai.
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Amélie rouge-ça-bouge avait à peine six ans. Alors qu’elle m’accompagnait ce soir-là à la boulangerie, je lui refusai l’achat de bonbons. Elle tira sur ma robe violemment et me dit tout bas : « méchante » « On ne dit pas méchante à sa mère » lui dis-je sèchement. Elle tira encore plus fort sur ma robe et répéta plusieurs fois et fort « méchante, méchante, méchante… » D’un geste brusque, je la fis lâcher ma robe. Elle se laissa tomber par terre et se mit à hurler, avec des larmes de fin du monde. Pour abréger le regard des autres, je cédai.
Qui sont ces gris-expert, bleu-utile, vert-aimable et rouge-ça-bouge ?
Extraits du livre "Tout petit déjà"
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